H-BURNS
Tantôt calme, tantôt agitée, de l’eau a coulé depuis ses débuts en solo avec Songs from Electric Sky, en 2006. Depuis, H-Burns a publié un beau corpus d’albums où se croisent folk acoustique et rock électrique, ambition minimaliste et lyrisme maîtrisé. Ce qui semble parfaitement condensé dans ce neuvième album studio, Sunset Park. La pochette en dit déjà long. Peinte par Gilles Marrey à la demande de H-Burns, elle représente la plage Pacific City, située dans l’Oregon. Étrangement – ou pas – elle évoque la célèbre toile Caspar David Friedrich, Le voyageur contemplant une mer de nuages. Et baigne dans une lumière crépusculaire dont le musicien nous rappelle la définition : « lumière incertaine juste après le coucher de soleil ». Bon résumé de Sunset Park, disque de rupture(s) aussi bien affectives qu’artistiques. L’esthétique, elle, reste fidèle au parcours d’H-Burns. Qui est allé sur les traces de road trips d’antan…
En résulte un disque mémorable, de ceux dont on dit qu’ils sont des classiques instantanés. Si elle peut être galvaudée, l’expression prend tout son sens dès la superbe introduction «Sunset Park », ponctuée de touches impressionnistes de lapsteel : on plonge aussitôt dans l’Amérique de H-Burns. S’ensuite « Morning Flight » qui, sous des allures folk, se livre à un crescendo apocalyptique, un « Late Bloomers » dont le up tempo « fige l’invincibilité post adolescente », analyse H-Burns : « L’impression que rien ne nous atteint se volatilise au fil des années avant de nous laisser seul face à l’adversité. »
Elysian Fields
Fondé en 1995 par la chanteuse Jennifer Charles et le guitariste Oren Bloedow, Elysian Fields est issu de la scène underground new-yorkaise, et a d’ailleurs été accompagné par des musiciens parmi les plus talentueux de la ville (notamment des membres de Medeski Martin & Wood et du groupe de Jeff Buckley). Plus de 25 ans après, le duo continue à écrire les lettres de noblesse d’une dream pop sensuelle et poétique à la grande force d’évocation visuelle.
Dans son récent album Once Beautiful, Twice removed le groupe nous amène en road trip. On y entend tout ce qu'il y a de poignant et d'ironique, d'agréable et de douloureux dans ce tumultueux voyage, à la rencontre de soi.
On y retrouve le rock noir et mélancolique et les détours trip hop langoureux qui l’ont fait connaître, mais aussi et surtout ce don pour la mélodie et les arrangements épurés qui sont des écrins pour la sublime voix de Jennifer Charles.